Amiram KOOPER

Je m’appelle Amiram KOOPER, je suis né en 1938 à Haïfa, en Israël. J’ai grandi dans une famille aimante, marquée par les débuts de l’État.
Très jeune, je crois à l’idée du kibboutz, à la vie communautaire, à la justice sociale. En 1955, avec un groupe d’amis idéalistes, je participe à la fondation du kibboutz Nir Oz, dans le Néguev. Nous ne sommes alors qu’une poignée de jeunes gens pleins d’énergie, et nous plantons les premières racines de ce qui deviendra ma maison pour toute la vie.

Je travaille la terre, je fais pousser des cultures dans le désert, et je participe à l’organisation économique du kibboutz. J’étudie aussi l’économie et deviens économiste de formation ; plus tard, je suis nommé économiste en chef de la région de Ma’on. J’écris régulièrement sur la politique agricole et la vie communautaire.

Mais ma grande passion, c’est la poésie. J’écris des poèmes sur le désert, sur la lumière, sur les visages de ceux que j’aime. Mes mots parlent de solidarité, de paix, de mémoire. Certains de mes textes sont publiés dans des revues locales, d’autres circulent simplement dans le kibboutz, lus à voix haute lors de nos veillées.
Je vis à Nir Oz avec ma femme, Nurit. Nous avons trois enfants et neuf petits enfants. La vie ici est simple : les arbres, le soleil, les repas partagés, le bruit du vent dans les champs. Je vieillis entouré de mon monde, de ma famille, de mes livres et de mes souvenirs.

Le 7 octobre 2023, des terroristes du Hamas envahissent Nir Oz. Nurit et moi nous réfugions dans notre pièce sécurisée. Ils nous trouvent, nous capturent. Nous sommes emmenés de force à Gaza. J’ai 85 ans. J’ai déjà des problèmes de santé : une tension instable, un ulcère, des troubles de la thyroïde.
Pendant 17 jours, nous sommes détenus ensemble. Puis, Nurit est libérée lors d’un échange d’otages en novembre 2023. Les mois passent. Ma famille garde espoir. Puis, le 3 juin 2024, Tsahal annonce que je suis mort en captivité et que mon corps est toujours détenu à Gaza. J’avais 86 ans.

À Nir Oz, mes amis lisent mes poèmes à voix haute. Mes enfants rassemblent mes écrits, mes cahiers, mes lettres. Ils racontent ma vie de pionnier, d’agriculteur et de poète. Ma femme dit que je suis « un homme de terre et de mots ».

Je laisse derrière moi une trace modeste : des poèmes, une ferme, une famille, et un kibboutz que j’ai contribué à faire naître.

Dans la nuit du 8 au 9 octobre 2025, un accord a enfin été signé par toutes les parties grâce au Président Trump, prévoyant la libération imminente de tous les otages, vivants et morts.

Il reste 48 otages en captivité à Gaza dont 20 encore vivants.

 

  • Lieu d’enlèvement : Nir Oz
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