Je m’appelle Elkana Bohbot. Je suis né le 7 août 1989 à Mevasseret Tzion, une ville située près de Jérusalem, en Israël. Je suis israelo colombien. Par amour pour ma femme J’ai acquis la double nationalité colombienne en novembre 2023, un mois après le début de la guerre à Gaza.
Je suis marié à Rebecca Gonzalez, une Colombienne originaire de Bogotá. Nous avons un fils, Reem. Il a 4 ans. J’aime la vie, la danse, et mes amis. Je suis propriétaire de Masala Ice Cream, situé au 50 Carmel, Tel Aviv. Je prévois même d’ouvrir un nouveau glacier à Tel Aviv. Je travaille également dans l’industrie de la musique et de l’événementiel. Je fais partie de l’équipe logistique du festival Nova, un événement musical majeur en Israël.
Le 7 octobre 2023, je me trouve au festival Supernova, au kibboutz Reim, quand l’attaque du Hamas commence. Dès que j’entends les sirènes et que je réalise l’assaut, je contacte ma femme et ma mère pour leur dire que j’aide à évacuer les blessés avant de rentrer à la maison. C’est notre dernière conversation.
Quelques heures plus tard, ma famille découvre une vidéo de moi, postée par le Hamas sur Telegram. Dans cette vidéo, je suis attaché, le visage ensanglanté, pris en otage. Mon frère, Uriel, partage son inquiétude sur Facebook : « Nous ne savons pas s’il va vivre ou mourir ».
Je souffre d’asthme et j’ai été blessé lors de mon enlèvement : j’ai une fracture du nez. De plus, je suis détenu dans un tunnel humide à environ trente mètres sous terre, ce qui aggrave mes conditions de santé. On me donne peu de nourriture et d’eau, je n’ai accès aux toilettes qu’une ou deux fois par jour. Mes ravisseurs me menacent de me tuer, ainsi que d’autres otages, si l’armée israélienne tente de nous libérer. Une fois par semaine, je peux regarder la chaîne Al Jazeera. Un jour, je vois ma propre photo, placée sur la Place des Otages à Tel Aviv.
Depuis mon enlèvement, mon fils Reem ne cesse de demander « Où est papa ? »
Juste avant qu’il ne soit libéré le 8 février 2025, j’arrive par miracle à transmettre un message pour ma femme à Ohad Ben Ami, ainsi qu’une chanson “Lo’Chemet” dans laquelle je lui demande d’être forte. Ohad lui décrit les terribles conditions dans lesquelles les otages sont détenus : on est maltraité physiquement et psychologiquement. J’essaie malgré cela de maintenir ma pratique religieuse en récitant le Kiddouch chaque vendredi.
Le 29 mars 2025, dans une guerre psychologique, le Hamas publie une vidéo de propagande, où on me voit perdre mes moyens, hurler et réclamer qu’on me sorte de cet enfer et que ma femme et mes fils ne soient plus seuls. Quelques semaines plus tard, le 19 avril, le Hamas sort une nouvelle vidéo où j’ai l’air d’être au téléphone et où je dis à ma femme et mon fils que je rêve de les retrouver et les supplie de tout faire pour oeuvrer à ma libération.
Dans la nuit du 8 au 9 octobre 2025, un accord a enfin été signé par toutes les parties grâce au Président Trump, prévoyant la libération imminente de tous les otages.
Nous sommes encore 48 otages en captivité à Gaza dont 20 encore vivants.
- Lieu d’enlèvement : Nova
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